1. FANFARE - Le premier album de Christine and The Queens en écoute ! Mai 2014

    Un nom énigmatique, une musique difficile à classer, un univers visuel intriguant, il n’en fallait pas plus pour attiser notre curiosité. LE CHARIVARI a eu la double chance de pouvoir rencontrer Christine and the Queens et d’écouter en exclusivité son tout premier album. Nous vous racontons cet entretien et vous donnons notre avis sur son album Chaleur Humaine (sortie le 2 juin).

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    Si vous demandez à Christine s’il est possible de qualifier sa musique de « variété indie », elle vous répondra : « Ca ne me dérange pas ! Chez un disquaire, un jour j’ai vu que j’étais dans la catégorie Variété punk, j’ai trouvé ça pas mal aussi ».



    Christine and the Queens c’est un groupe d’un genre nouveau, incarné par une seule personne : Christine, alias Héloïse, dans la vraie vie. Le point de départ de sa carrière, c’est la rencontre à Londres de deux mondes : celui d’une jeune française en pleine crise existentielle et celui de travestis, aux destins peu ordinaires, les “Queens”. Dès lors, la nouvelle Héloïse se met à écrire des chansons, se crée un personnage : Christine, qu’elle imagine accompagnée de ses Queens.



    Un personnage ambivalent qui aime passionnément Michael Jackson, Balavoine, Beyoncé ou encore Kendrick Lamar. Elle aime jouer sur les codes et brouille volontairement les pistes. Une ambiguité qui se dégage de la pochette de son album, qui la dépeint en « prétendant », assise dans une posture « ni élégante, ni sensuelle », un bouquet de fleurs à la main. Elle laisse planer le doute : « je pourrais sortir d’un mariage ou d’un enterrement ».



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    IT

    « Chanson d’ouverture idéale – puissante, débridée, traversée de voix contradictoires », Christine devient sur ce titre un homme moqué « très gentiment » par ses amies les Queens. Elle évoque le désir de métamorphose, la volonté de changer de genre, dans ce titre qu’elle a gardé longtemps « au chaud » pour son album.



    SAINT CLAUDE

    Déjà bien connu du public, ce single raconte une rencontre avec un jeune homme, à la station de bus Saint Claude à Paris, « complètement décharné mais habillé comme s’il sortait d’une soirée extravagante ». Christine invente un langage à part entière, mêle anglais et français, pour décrire l’impression que lui fait ce mystérieux inconnu. Diction saccadée dans les couplets, « refrain angélique » : Saint Claude est un tube addictif.



    CHRISTINE

    On connaissait déjà ce titre en anglais sous le titre Cripple. Évidemment, « en concert ça ne passait pas super bien, surtout en Angleterre, les gens comprenaient : j’aime être un handicapé alors que ce n’était pas du tout le propos ». « Maladroite et provocante » en anglais, la chanson passe au français pour devenir finalement un (auto)portrait de Christine, dansant et chantant, qui rend « hommage à la scène », son lieu de prédilection. Un titre fort de l’album.



    SCIENCE FICTION

    Si cet album parachève plus de trois années d’écriture, cette chanson est la plus récente de l’album. Elle s’en démarque par le choix audacieux de l’italien pour le chant, non dénué de petites saillies kitsch. Inspirée par la musique italo-disco et le film d’animation La Planète Sauvage, Christine nous offre une chanson aussi bizarre qu’enivrante, ponctuée de bruits indescriptibles qui nous font hocher la tête dans tous les sens.



    PARADIS PERDUS

    Christine rejoue Christophe dans cette reprise magnifique de son morceau Les Paradis Perdus. Une réappropriation qui prouve à quel point Christine and the Queens sait imposer sa patte et son style !



    HALF-LADIES

    « Half-Ladies, c’est un hymne aux jeunes filles un peu déplacées, ni très belles, ni très bien élevées, mais qui portent une autre grâce en elle, et qui essaient de ne plus s’excuser. » Une référence à Beyoncé ? « C’est un peu mon Single Ladies à moi ! »



    CHALEUR HUMAINE

    Écrite il y a longtemps, Chaleur Humaine « est une chanson d’amour lumineuse, apaisée, parce qu’en aimant tout de l’autre on en vient à s’aimer un peu soi. C’est exactement ce que je voulais défendre dans tout l’album, d’où cette chanson phare, chanson titre. »



    NARCISSUS IS BACK

    « Narcisse est l’emblème possible de toute cette génération qui ne lâche jamais un appareil photo – et j’en fais partie ». Dans le clip, que l’on connaît déjà, Christine se retrouve sur une grande scène vide face à une Queen. Un dialogue s’opère entre ces deux personnages ; serait-ce la confrontation (imaginaire) de Narcisse et d’Echo ?



    UGLY PRETTY

    « Rêverie sur la belle laideur, ou la laide beauté », ce titre est dédié à Klaus Nomi, qui en est l’inspirateur. Christine raconte qu’elle a écrit cette chanson après avoir vu un reportage sur cet artiste, véritable icône de la scène New Wave new-yorkaise et mort dans la plus grande solitude. Une histoire touchante que Christine tente de retranscrire à travers ce titre.



    NUIT 17 A 52

    Magnifique morceau au texte “volontairement pudique”, Nuit 17 à 52 est une chanson intime évoquant une rupture amoureuse douloureuse. Comptant les nuits de solitude, la voix douce de Christine s’envole dans un refrain aérien qui conduit pourtant à la nuit fatiditique, “triste nuit 53”.



    HERE

    Here est « une autre chanson-monstre », « chanson catastrophe : du drama à l’état pur ». Un titre loin d’être calme qui contraste avec le précédent, et qui donne envie d’applaudir des deux mains ce premier album original, émouvant, en un mot : réussi.



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    Écoutez Christine and the Queens sur Soundcloud

    Merci à Christine and the Queens, à Anicée de chez Because Music, et à Johanna !

     

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